Dans l’évangile selon saint Matthieu est rapportée l’hésitation de Joseph à prendre Marie dans sa maison, la voyant sur le point d’être mère et sans arriver à pénétrer le mystère de sa miraculeuse fécondité.
Comme l’enseignent les Interprètes sacrés, Joseph était pleinement convaincu de la pureté sans tache de Marie, et c’est pourquoi il ne voulait pas la dénoncer au Sanhédrin comme coupable d’avoir manqué à sa promesse ; mais, d’autre part, il était si humble qu’il se trouvait indigne de retenir Marie chez lui et d’être mis au courant du secret d’une telle Vierge.
Il nourrissait donc la pensée de se retirer spontanément de ces noces qu’il trouvait si supérieures à lui-même, et de remettre à Dieu le soin de tout. Mais le Seigneur, qui avait élu Joseph afin que sa personne justifiât d’une certaine façon, devant le monde, la naissance temporelle de son Verbe, et sauvât de l’ignominie et le Fils et la Mère, ne le laissa pas trop longtemps perplexe et récompensa sa profonde humilité. Il s’estimait indigne de prêter ses services à Marie, la servante du Seigneur, et voici qu’il devra au contraire tenir lieu de père au Fils unique de Dieu, en prenant même le titre, et exerçant sur Lui l’autorité paternelle au nom du Père céleste.
Le premier acte de cette autorité sera même celui d’imposer au Verbe incarné ce nom adorable de Jésus, par lequel seul l’humanité tout entière pourra obtenir le salut. Dieu exalte ainsi les humbles ; et tandis qu’au ciel, sur la terre et dans les abîmes, toute créature ploie en tremblant le genou au Nom très saint de Jésus, Joseph, revêtu de l’autorité de Celui d’où tire son nom toute autre paternité au ciel et sur la terre, Joseph le lui assigne, et, avec le nom, impose aussi au Sauveur tout le programme évangélique de la rédemption.
